"Peignez généreusement et sans hésitations pour garder la fraîcheur de la première impression."
Camille Pissaro est né à Saint Thomas, une île danoise des Antilles où ses parents possédaient une entreprise florissante de quincaillerie dans le port de Charlotte-Amélie, ce qui lui confère la nationalité danoise qu'il gardera toute sa vie. Son père Frédéric d'origine Portuguaise mais né à Bordeaux est de nationalité française.
En 1841, à douze ans, il partit étudier en France à Passy à la pension Savary, puis retourne en 1847 dans son île natale ou il restera cinq ans à travailler dans le commerce familial. En 1852, il part pour Caracas au Vénézuela avec un ami: Fritz Melbye qui était un artiste danois et qui marquera profondément son destin . Il y restera jusqu'en 1854 à peindre et dessiner et rentrera à Saint-Thomas pendant un an dans l'entreprise familiale.
Mi-septembre 1855, année de l'Exposition universelle, il débarque à Paris pour y étudier. Il ne retournera jamais aux Amériques. À Paris il est confronté à la complexité du monde artistique parisien: ses salons, ses expositions, ses académies, ses choix et ses contradictions. Il y rencontre Corot, un peintre paysagiste français avec qui il étudie, découvre Delacroix, Courbet, Ingres, Daubigny. Il travaille alors dans l'atelier d' Anton Melbye (frère de Fritz) et peint sur le motif à Montmorency.
Entre 1859 et 1861, il fréquente diverses Académies et rencontre Ludovic Piette, Claude Monet, puis Cézanne et Guillaumin. En 1863, Cézanne et Zola visitent son atelier à La Varenne ( Val de Marne ), et, en 1865, il séjourne à La Roche-Guyon. Pissaro vit à Pontoise de 1866 à 1869 de manière épisodique. Sa situation financière est difficile, il peint des enseignes pour faire vivre sa famille. En 1869, il vit à Louveciennes et doit fuir et abandonner son atelier devant l'avance des troupes prussiennes, il se réfugie à Montfoucault chez Piette et part pour Londres où il retrouve Daubigny et Monet; il fait la connaissance du marchand Durand-Ruel. De retour à Louveciennes il découvre que son atelier a été pillé et qu'il ne lui reste plus qu'une quarantaine de toiles sur près de mille cinq cents.
Il s'installe à Pontoise en 1872 et y restera jusqu'en 1882. En 1879, Gauguin, qui lui a acheté des toiles, vient travailler avec lui à Pontoise. Il collabore avec Degas dans le domaine de la gravure et pendant l'été 1881, Cézanne, Gauguin, Guillaumin, sont à Pontoise à ses côtés.
Pissarro participe à toutes les expositions impressionnistes et devient peu à peu un patriarche du mouvement, mais dans une grande fraîcheur d’esprit et avec un constant renouvèlement.
En décembre 1882, il s'installe à Osny dans les faubourgs de Pontoise, ne pouvant plus trouver à louer une maison qui lui convienne pour un prix raisonnable.
Connu comme l'un des « pères de l'impressionnisme », il a peint la vie rurale française, en particulier des paysages et des scènes représentant des paysans travaillant dans les champs « Etude de Pommiers à Eragny » (1892). Célèbres sont aussi ses scènes de Montmartre. À Paris, il enseigna entre autres à Paul Cézanne, Paul Gauguin et Jean Peské.
Ami de Claude Monet et de Paul Cézanne, Pissarro avait participé au fameux salon des Refusés de 1863 et appartenait au groupe des impressionnistes. Amoureux de la nature, il privilégiait les paysages de campagne et les scènes de travaux des champs, qui lui inspirèrent, particulièrement entre 1872 et 1884 ses meilleures toiles : la Moisson à Montfoucault, les Toits rouges, le Printemps à Pontoise... Il est lié de près aux jeunes artistes néo-impressionnistes, essentiellement Gauguin, Luce, Signac et Seurat. En 1885, l'artiste avait rencontré Georges Seurat et s'était enthousiasmé pour sa technique de pointillisme, qu'il appliqua à son tour, avant de retrouver une liberté d'expression plus proche de son tempérament lyrique et généreux. Par son fils Lucien, établi à Londres, il est en contact avec l’avant-garde britannique.
Malgré tout, le succès, même relatif, arrivant sur le tard, il put s'acheter une maison à Éragny-sur-Epte où il passa ses dernières années. Il meurt à Paris en 1903.